Mosaïc, une escapade végétale et culturelle au sud de Lille
À Houplin-Ancoisne, au sud de la métropole lilloise, le parc Mosaïc propose une promenade où se rencontrent nature, art et ouverture sur le monde. Intégré au Parc de...
Lire +Un matin de printemps, le vent était déjà chargé des parfums de brioche et de café chaud. Sur le parvis de la gare Lille-Flandres, alors que la ville s’ébroue, les vélos s’entremêlent aux passants pressés. S’insinuer à vélo dans la métropole, c’est mesurer à quel point le territoire est en train de changer ses habitudes, à force de tracés verts, de bandes fraîchement peintes et de cœurs de ville apaisés. Depuis une décennie, c’est toute la Métropole Européenne de Lille (MEL) qui se redessine pour faire de plus en plus de place au vélo. Mais où en est-on concrètement, et qu'est-ce qui change la donne pour les cyclistes urbains, ruraux et occasionnels ?
Impossible de parler de l’essor cyclable sans évoquer la stratégie conduite par la MEL depuis le Plan Vélo lancé en 2019. À l'époque, les collectivités de la métropole s’étaient fixé un objectif bien affiché : multiplier par trois la part modale du vélo d’ici 2035, une part alors inférieure à 4% selon l’INSEE (source INSEE).
L'impulsion a pris de la vitesse avec à la fois la nécessité écologique, la congestion urbaine croissante et la flambée énergétique. L’épisode du Covid-19 a accéléré les choses : en 2020, plus de 50 km de “coronapistes” ont été ajoutés aux grands axes, selon la MEL (MEL). Beaucoup, transitoires, ont finalement été pérennisées. Résultat : en 2023, la MEL affiche fièrement 1 526 km d'aménagements cyclables, tous types confondus (MEL, chiffres 2023).
| Année | Longueur totale (km) | Part de vraies pistes sécurisées (%) |
|---|---|---|
| 2014 | 930 | 30% |
| 2019 | 1 025 | 37% |
| 2023 | 1 526 | 48% |
Sources : MEL, Baromètre Vélo FUB 2023, INSEE
Le boom cyclable n'est pas réparti au hasard sur la carte. Les grandes percées apparaissent le long des voies rapides tout comme au coeur des villages de la Pévèle ou des Weppes. Les nouveaux “corridors vélo” tissent des liaisons jusque-là complexes : par exemple, Lesquin et Villeneuve-d’Ascq bénéficient d’un axe quasi continu – un “ruban vert” serpentant de la gare de Lesquin jusqu’au Campus Cité Scientifique, qui a bouleversé le quotidien des étudiants et salariés.
Descendre la Grand’Rue d’Hellemmes à vélo, autrefois synonyme de stress, est devenu une expérience bien différente. Les nouvelles bandes cyclables, agrémentées de pictogrammes joyeux et de séparateurs colorés, protègent – autant qu’elles marquent, d’un trait vif, la présence nouvelle du vélo en ville. Le matin, enfants et parents s’y croisent avec leurs cartables fleuris, tandis que, non loin, des livreurs zigzaguent, au rythme des cloches d’église et des ouvre-bouteilles des commerçants.
Les habitants racontent – et c’est là que le vélo, au-delà des chiffres, a changé l’usage et les rapports à la ville. Margaux, jeune active, témoigne : “Je vais au boulot en vélo de Lomme à Lille, et j’arrive plus vite qu’en voiture ou en transport. On redécouvre le vieux Lille, la Deûle, les halles, les petites places à la fraîche…”
Le point noir récurrent reste l’intermodalité. Encore difficile de transporter son vélo sur certaines lignes de métro aux heures chargées, ou d’embarquer facilement son VTT dans les TER régionaux. Mais des évolutions sont en cours, avec l’arrivée des portes-vélos sur certains bus (test à Roubaix et Tourcoing) et les arceaux en libre accès près des gares.
Si les chiffres affichent une progression linéaire, la qualité est loin d’être partout au rendez-vous. Plusieurs cyclistes réguliers déplorent le phénomène des “pistes serpentines” : des itinéraires qui disparaissent à chaque carrefour ou qui se transforment en parking sauvage à la première occasion.
Certaines communes pionnières – Marquette, Wasquehal, Lambersart – investissent massivement dans la réfection des voiries cyclables. La marge de progrès demeure forte : défauts de continuité, absence d’entretien régulier, pollution des pistes en automne (feuilles, boue…), ralentissent encore l’essor.
À horizon 2035, le Plan Vélo MEL prévoit 800 km d’itinéraires “haut niveau de service”, c’est-à-dire de véritables “autoroutes cyclables”, éclairées, larges et sécurisées. On retient quelques projets phares :
À noter, l’apparition d’“abris-vélos sécurisés” près des grandes gares (Lille Flandres, Tourcoing, Saint-André), d’ateliers de réparation en libre-service, et d’incitations financières à l’achat de vélos à assistance électrique pour tous les habitants de la MEL (lien MEL).
Certains événements à ne pas manquer :
La MEL n’a pas fini de se réinventer à vélo. À chaque nouveau maillage, c'est un rapport au territoire qui se renouvelle : des quartiers se reconnectent, des petits commerces revivent, les liens de voisinage se resserrent. La bicyclette continue de tracer sa voie, modifiant durablement l’ambiance du quotidien lillois. Alors, et si on enfourchait sa monture pour voir, demain, jusqu’où ira ce vent de liberté douce ?