Balade au fil de l’eau sur le canal de Roubaix
Le canal de Roubaix offre une promenade originale au cœur de la métropole lilloise. Long d’environ 12 kilomètres sur le territoire français, il relie la De...
Lire +Il y a des matins où la lumière joue avec la brume au-dessus de la Deûle, des moments où un simple trajet en tramway ou à vélo suffit à s’offrir une parenthèse loin de la clameur de Lille. Bondues, Quesnoy-sur-Deûle et les villages qui ourlent le nord-ouest de la Métropole Européenne de Lille ne sont pas de simples « périphéries ». Ils offrent un concentré d’histoire, de nature préservée et d’authenticité, à contre-courant des clichés urbains habituels. Passion recensée par les habitants et repérée au fil de balades, cette terre maraîchère et maraudeuse ne se laisse pas dresser en inventaire. Pourtant, depuis le début des années 2020, ses attraits touristiques attirent chaque année davantage de curieux : +15% par exemple en 2022 selon l’OT de la MEL.
À la simple vue du Fort de Bondues, les promeneurs devinent que le calme d’aujourd’hui fut précédé par des heures moins paisibles. Édifié à la fin du XIXe siècle, ce fort de la ligne Séré de Rivières fut conçu pour protéger Lille des invasions. Aujourd’hui, il incarne une mémoire plus contemporaine : il abrite le Musée de la Résistance, l’un des rares de la Région Hauts-de-France consacré à la résistance et à la déportation (source : ville de Bondues).
Le fort, classé aux monuments historiques, marie nature et mémoire dans un parc où l'on butine aussi volontiers les journées de reconstitution historique, les randos, ou les événements associatifs qui prennent le pouls local (rendez-vous incontournables lors des Journées du Patrimoine).
Impossible de traverser Bondues sans être impressionné par le ballet silencieux des voiles de parapente, quand le vent s’invite sur l’esplanade du fort. Plus terre-à-terre (mais tout aussi vivifiant) : son golf 27 trous, réputé pour sa technicité, accueille chaque année plus de 40 000 passages green fee et de nombreux tournois amateurs (Golf de Bondues).
L’ambiance est bien celle d’un village sportif, avec autour du Golf, le Tennis Club, des terrains de rugby et de multiples sentiers prisés des joggeurs, mais aussi des familles en poussette.
Bondues ne serait pas tout à fait elle-même sans son marché du dimanche matin. Dans la cour de l’église, dès 8 h, les effluves de gaufres de Liège et de café rivalisent avec les étals de fromages fermiers venus du Monts de Flandre et les fleurs du maraîcher local (le « fleuriste en vélo »). À Bondues, le marché est aussi réputé pour son offre bio, ses pains spéciaux au levain, et quelques producteurs qui proposent de vrais trésors : miel de tilleul, fraises de pleine terre ou encore volailles rôties à la broche. Lieu de rassemblement, de brèves échanges, de retrouvailles après la messe dominicale, il donne le tempo à la semaine.
Quesnoy-sur-Deûle — ou « le Quesnoy » pour les habitués — offre un visage double : centre-ville animé autour de la rue Jean Moulin, et ribambelle de péniches le long du quai. Le canal, connu des cyclistes pour la Voie Verte, sert de fil conducteur à de multiples activités :
C’est là, au fil de la Deûle, que s’invente une douceur proche de la « dolce vita du Nord » : des pique-niques au printemps, des balades en automne quand les peupliers prennent des tons dorés, et les fameux bateaux à chapeaux rouges du festival nautique annuel, événement joyeusement loufoque qui attire familles et photographes amateurs (source : mairie de Quesnoy-sur-Deûle).
Le Quesnoy ne se contente pas de voguer paisiblement : la commune a su cultiver l’art de la fête populaire, fidèle à l’esprit flamand. Quelques dates à ne pas manquer :
La salle polyvalente accueille également de nombreux concerts, du théâtre amateur et la fameuse Bourse aux Jouets la plus prisée de la métropole à l’automne.
Une adresse revient sur toutes les lèvres : la brasserie L’Atelier, installée dans une ancienne usine de filature, où déguster tartines du terroir et bières brassées sur place (Atelier Bondues). Mais si l’on pousse jusqu’à Wambrechies (3 km à vélo par la voie verte), la Distillerie Claeyssens, fondée en 1817, propose de plonger dans l’histoire du genièvre avec ses ateliers dégustation (réservation obligatoire, tarif : 12 €/adulte, sources : distillerie Claeyssens).
Si l’on sort un peu du centre, la découverte prend une nouvelle dimension. Ici, la Deûle serpente au milieu des prairies, croise de petites cités maraîchères et rejoint le Parc de la Gîte (Verlinghem) ou les zones Natura 2000 au nord du territoire.
Le patrimoine agricole reste vivant. Plusieurs fermes ouvrent leur porte en saison :
Difficile de ne pas se laisser surprendre par cette diversité, à portée de transport en commun :
Sur ces terres de faubourgs, on découvre que le tourisme ne se résume pas à cocher des monuments. Il s’éprouve, carnet de balades à la main, au rythme des marchés, des festivals et des bateaux qui glissent sur la Deûle. Entre patrimoine vivant, espaces naturels surprenants et convivialité du quotidien, Bondues, Quesnoy-sur-Deûle et leurs environs offrent une autre image de la MEL — résolument attachante, colorée et pleine de ressources pour qui aime s’émerveiller au coin du sentier. À explorer à la journée, le temps d’un week-end… ou pourquoi pas chaque fois que l’on a envie de s’offrir la surprise d’une redécouverte locale.