L’énergie verte, au coin de la rue : initiatives locales et coups de projecteur
Les réseaux de chaleur : une énergie insoupçonnée sous nos pieds
Parfois, au détour d’un trottoir à Lille-Sud, un discret panache de vapeur s’élève d’une bouche d’égout. C’est l’un des signes visibles des réseaux de chaleur urbains, alimentés notamment par :
- L’incinération des déchets résiduels (Unité d’incinération d’Halluin - plus de 200 GWh/an de chaleur produite, largement valorisée)
- La géothermie, dont un exemple pionnier se trouve à Mons-en-Barœul, où une station géothermique fournit de la chaleur à plus de 2 400 logements du quartier de la ZAC du Haut de Mons
(source : Banque des Territoires, 2023)
Les réseaux de chaleur de la MEL, ce sont près de 170 km de tuyaux et plus de 50 000 logements raccordés. Véritable colonne vertébrale pour tenir la promesse d’un logement “zéro carbone”.
Le solaire : des toitures à n’en plus finir
Au détour d’une balade dans les quartiers de Saint-Maurice Pellevoisin ou sur les toits des haltes SNCF de Villeneuve-d’Ascq, le scintillement de panneaux solaires devient familier. Si le rythme est encore modeste par rapport au sud de la France, l'énergie solaire croît vite :
- Entre 2015 et 2022, la capacité installée a quadruplé pour atteindre 34 MWc d’ici fin 2023 (source : ENEDIS Nord, 2024)
- À Wazemmes, la toiture de l’école Albert Camus produit depuis 2023 l’équivalent des besoins en électricité de 10 familles
La Métropole encourage les particuliers à passer le cap via le dispositif Soléole, une plateforme d’accompagnement gratuite, et multiplie les appels à projets pour solariser les équipements publics (source : MEL, 2024).
L’éolien : le vent du renouveau dans les plaines périurbaines
La silhouette des éoliennes du plateau de Sainghin-en-Mélantois ou de Templemars tranche avec les horizons citadins. Parmi les initiatives les plus notables :
- Le parc éolien citoyen de Loos-en-Gohelle, fruit de la mobilisation d’associations locales, où les citoyens financent une partie du projet
- Les projets de l’Ademe et la MEL pour développer l’acceptabilité sociale, par la concertation et les retombées économiques locales
À noter, la MEL réfléchit à intégrer d’ici 2030 des “micro-éoliennes” pour l’autoconsommation, en toiture ou sur équipements urbains.
Biométhane et biogaz : valoriser les déchets locaux
L’énergie ne pousse pas toujours sur les terrils ou sous le vent, elle se cache parfois… dans nos assiettes. La MEL mise beaucoup sur la méthanisation (transformation des déchets organiques en gaz vert) :
- L’usine de biogaz de Sequedin injecte plus de 20 GWh/an dans le réseau GRDF, de quoi chauffer et alimenter en carburant une centaine de bus au gaz naturel
- Le projet “Métanisation de la Bretagne” à Haubourdin transforme les déchets agricoles en électricité et chaleur réinjectées localement
Le biogaz est aussi utilisé dans le projet “BioGNV”, qui alimente près de 30 % des bus de la flotte Ilévia, le réseau de transport métropolitain (source : Ilévia, 2022).