Des collections qui racontent Roubaix… et bien plus
Mais venons-en aux trésors de La Piscine. La muséographie donne toute sa place aux artistes et artisans qui ont fait battre le cœur de Roubaix et de la région Nord au fil des siècles : peintres, sculpteurs, dessinateurs, mais aussi faïenciers, céramistes, créateurs textiles.
- Belles heures de la peinture XIXe : On découvre des grands noms comme Jean-Baptiste Camille Corot, Édouard Vuillard, ou encore Félix Vallotton.
- Une section Art déco et design remarquable : Mobilier de Jacques-Émile Ruhlmann, vitraux de Raphaël Delorme, céramiques d’Auguste Delaherche, tissus à motifs géométriques hérités des usines roubaisiennes.
- Textile et création contemporaine : Plus de 10 000 pièces textiles (dentelles, étoffes, dessins préparatoires, prototypes industriels) constituent l’une des collections les plus riches de France, reflet du génie et du passé ouvrier régional (source : Musée La Piscine).
- Un fonds de sculpture unique : Rodin, Camille Claudel, Antoine Bourdelle, mais aussi des artistes nordistes comme Jules Dalou.
Mais ce qui fait la différence, c’est ici la manière de présenter tout cela. Peu d’œuvres sous vitrine, beaucoup exposées à hauteur d’enfant, des bancs et sièges invitant à la pause partout. L’immersion est totale : la lumière des vitraux anime la galerie de sculptures, le grondement discret de l’eau donne au lieu un air de cathédrale joyeuse.
Anecdotes et découvertes au fil des balades
On dit que c’est ici, dans la piscine vidée de son eau en 1985, que l’auteur Jean-Philippe Toussaint a imaginé son roman La Salle de bain, en contemplant les mosaïques écaillées. D’autres racontent comment, lors de la transformation en musée, des baigneurs nostalgiques venaient déposer de vieux maillots, des palmes, des photos jaunies, comme pour bénir cette mue étonnante (source : guide conférencier du musée, entretien 2023).
Plus insolite encore : lors des grandes expositions temporaires (Miró, Chagall, Dufy), le bassin s’anime de concerts, de performances. Un soir d’hiver, des harpistes installés au cœur du bassin ont fait résonner leurs accords à la faveur de la lumière tamisée : l’acoustique singulière de la nef en a laissé plus d’un rêveur.