Comines et ses voisines frontalières : balades entre patrimoine, nature et convivialité

22/04/2026

Comines : la ville à cheval sur deux pays

Comines version française (Comines, tout court, pour les locaux) est une ville de près de 12 500 habitants, blottie le long de la Lys. Difficile de parler de Comines sans évoquer sa jumelle belge : Comines-Warneton, de l’autre côté de la rivière. Ici, la frontière se fait discrète, presque invisible.

  • La Grand-Place et son beffroi Impossible de rater la Grand-Place, cœur battant de la ville. L’architecture néo-flamande de l’hôtel de ville, reconstruit après la Première Guerre Mondiale, donne le ton. Le beffroi, reconstruit en 1928 et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO (source : UNESCO), domine la place de ses 57 mètres. Aux 36 coups du carillon, la routine se suspend, rappelant l’importance symbolique de ces sentinelles urbaines dans toute la région.
  • Un marché traditionnel Le lundi matin, la Grand-Place s’anime avec le marché hebdomadaire. Entre maraîchers français et fromagers belges, la diversité des accents et des produits fait partie du spectacle. Le bleu de Comines côtoie sans complexe la gaufre belge, le tout dans une ambiance bon enfant où la frontière semble n’être qu’un détail folklorique.
  • L’histoire de la Lys La Lys traverse Comines, offrant une belle balade le long de ses berges. On croise encore parfois des pêcheurs ou des kayaks. Autrefois, la rivière drainait les navires chargés de lin, textile qui fit la fortune des lieux. Pour les curieux, la légende locale raconte que Comines autrefois possédait des cages à lions… Un clin d’œil au « Lion de Comines », symbole repris par la ville (source : archives municipales de Comines).

Infos pratiques : Marché le lundi 8h-13h (centre-ville). Beffroi accessible lors de visites guidées organisées par l’office de tourisme (infos au 03 20 39 03 03). Nombreuses places de parking gratuites centre-ville.

Comines-Warneton (Belgique) : culture flamande et patrimoine insoupçonné

De l’autre côté du pont, changement subtil de décor, mais même énergie. Comines côté belge (qui fait partie de la grande entité Comines-Warneton, la seule commune francophone de Flandre occidentale) conserve ce goût pour les traditions. La barrière de la langue a fondu ici depuis longtemps : le français est partout, et la convivialité demeure.

  • La Place Sainte-Anne et les chapelles champêtres Un peu moins monumentale que sa jumelle française, la place Sainte-Anne a tout du centre de village flamand. Les chapelles qui jalonnent la ville, notamment celle de Notre-Dame de la Lys, témoignent d’une ferveur populaire ancienne. La tradition des processions continue d’être vécue intensément ici.
  • Le Musée de la Rubanerie Parmi les beaux secrets industriels du secteur, le musée de la Rubanerie (25 rue du Fort) raconte l’épopée des tisserands locaux, qui détiennent toujours un savoir-faire unique. Le musée propose des démonstrations de métiers à tisser centenaires, une plongée authentique dans la vie ouvrière d’autrefois (entrée : 5€, horaires variables selon saison. Infos : rubanerie.be).
  • Les géants de Comines Impossible d’évoquer cette région sans parler de ses géants : Totor, Isembart et la Dame de Comines sortent en procession lors de fêtes traditionnelles. Ils forment l’un des plus vieux cortèges de géants du Nord-Pas-de-Calais, avec des origines remontant au XVIIIe siècle (source : Inventaire du patrimoine immatériel, Ministère de la Culture Belgique).

Infos pratiques : Musée de la Rubanerie, 25 rue du Fort – ouvert mercredi, samedi et dimanche de 14h à 18h. Marché de Comines (B) : samedi matin sur la place. Stationnement facile (parking rue du Val de Lys).

De Warneton à Wervicq-Sud : la frontière comme ligne de vie

Si on s’éloigne de Comines, la logique frontalière se poursuit dans tout le secteur. Les villages s’enchaînent, dessinant une ambiance unique, à la fois rurale et profondément marquée par l’histoire. Entre la Flandre et la France, nombreux sont les lieux où il suffit d’un pas pour passer de l’un à l’autre sans même s’en rendre compte.

Warneton, cité martyre et nature préservée

  • L’église Saint-Martin Violemment détruite lors de la Première Guerre Mondiale, l’église Saint-Martin de Warneton fut reconstruite en 1928 dans un style inspiré de l’art déco flamand. Elle constitue aujourd’hui un point repère majeur, surtout lors des processions et fêtes de village.
  • La nécropole militaire Plus de 6000 soldats de la Grande Guerre reposent dans la nécropole britannique de Hyde Park Corner, un lieu d’histoire émouvant en pleine campagne (infos : CWGC).
  • Le « Mont de la Hutte » Les amateurs de nature pourront grimper le Mont de la Hutte (élévation « vertigineuse » pour la région qui culmine à… 30 mètres !). Par temps clair, la vue porte loin sur la campagne et la Lys. Un grand classique pour les pique-niques printaniers.

Wervicq-Sud : un vrai poumon vert parmi les champs

  • Le Parc de la Ghesquières 18 hectares de bois, de prairies et de rivières, à deux pas du centre. Idéal pour un jogging matinal, une sortie ornithologique (des dizaines d’espèces recensées) ou une pause à l’ombre des peupliers.
  • La maison du patrimoine de Wervicq Située dans l’ancienne mairie, la Maison du patrimoine (rue du Grand Chemin) retrace l’histoire mouvementée de la ville, souvent ballotée entre royaumes, comtés et départements (entrée libre, renseignements : mairie de Wervicq).
  • La frontière au bout du jardin C’est ici que la frontière épouse les contours du paysage. Certaines maisons ont leur potager en France et leur garage en Belgique ! Une curiosité qu’on découvre en arpentant les petits chemins de halage, notamment du côté de la Rue Verte.

Infos pratiques : Parc de la Ghesquières en accès libre (entrée principale avenue du Général de Gaulle). Transports : Bus Ilévia ligne L93, arrêt « Wervicq mairie ».

Le long de la Lys : vélo, randos et nature insoupçonnée

L’une des plus belles manières d’appréhender cette zone mêlée, c’est à vélo ou à pied, en suivant la Lys depuis Deûlémont jusque vers Armentières. Depuis 2017, près de 40 km de l’EuroVelo 5 « Via Romea Francigena » traversent la région, proposant une immersion bucolique (source : EuroVelo).

  • Voie verte de la Lys Chemins de halage, vieux ports, ponts mobiles… Le parcours est ponctué d’étapes, comme à Quesnoy-sur-Deûle ou Deûlémont, où la rivière se divise en de nombreux bras. Les pêcheurs locaux croiseront les cyclotouristes, et l’on peut encore voir, par endroits, de petits bacs à chaînes — vestiges de la traversée d’antan.
  • Observatoire ornithologique de Comines-Bas Un petit sentier discret mène à un observatoire où, ici, cormorans, hérons, et même cigognes blanches parfois, font escale entre deux marais (meilleure saison : mars à juin).
  • Jardin public de Deûlémont La confluence entre la Lys et la Deûle est à voir pour ses paysages de « petit delta », lieu idéal pour une pause pique-nique ou photo.

Infos pratiques : Nombreux parkings vélo et bases de location (notamment V’lille à Comines et Deûlémont). Sentiers accessibles toute l’année. Les chemins sont balisés, fréquentation plus forte le week-end.

Fêtes, marchés et traditions : vivre la frontière autrement

La frontière n’est pas qu’une ligne à franchir, mais un prétexte à la fête, à la rencontre et à l’échange. Entre France et Belgique, chaque saison a son lot d’événements cocasses, de traditions partagées ou décalées.

  • Le Carnaval transfrontalier Ici, on ne plaisante pas avec les festivités de février-mars. Géants, confettis, fanfares : le cortège traverse sans souci la frontière, entraînant toutes les générations. La dernière édition a réuni plus de 5 000 personnes côté français et 3 000 en Belgique (source : Voix du Nord, 2023).
  • La Fête de la Lys Organisée début juillet, elle célèbre la rivière commune avec des concerts, une brocante traversant le pont, et, clou du spectacle, une course de baignoires… flottantes ! Lors de l’édition 2022, une vingtaine d’embarcations décorées ont franchi la frontière sur l’eau sous les encouragements des badauds.
  • La Saint-Michel à Wervicq Fête paysanne et marché d’artisans. On y retrouve des fromages locaux (Vieux-Lille AOP, pavé de la Lys), des bières atypiques dont certaines brassées à la frontière même (Brasserie du Pays Flamand, par exemple), et tout un pan de folklore régional remis au goût du jour.

Infos pratiques : Carnaval et Fête de la Lys : généralement sur deux jours, accès gratuit. Programme mis à jour sur les sites des mairies. Saint-Michel en septembre, centre-ville de Wervicq-Sud.

Les adresses gourmandes à ne pas manquer entre France et Belgique

L’esprit de la frontière, c’est aussi celui de la table. Ici, les saveurs se complètent et se répondent ; difficile de distinguer où commence la gastronomie belge, où finit celle du Nord ! Quelques haltes incontournables pour casser la croûte ou prendre un café :

  • L’Estaminet Au Pont Neuf (7 rue du Fort, Comines/France — face au pont) : cuisine typique du Nord, ambiance rustique, immanquable pour ses carbonnades et la classique tarte au sucre.
  • Brasserie La Divine (Comines, Belgique) : micro-brasserie locale proposant une gamme de bières artisanales, à découvrir lors d’une expo-dégustation les premiers samedis du mois.
  • Chez Mathilde (Wervicq-Sud, rue de Linselles) : petite boulangerie où la tradition du craquelin et des gaufres fourrées se perpétue. À tester absolument au goûter.

Infos pratiques : Horaires variables selon saison, réservation conseillée le week-end pour les estaminets. À signaler : la plupart des commerces et restaurants acceptent les paiements bancaires français ou belges indifféremment.

Frontière vivante, histoires partagées

Marcher dans Comines et ses voisines, c’est traverser une frontière sans jamais ressentir de séparation réelle. Ici, le patrimoine se conjugue au pluriel, la Lys devient trait d’union, et la fête ne connaît pas de passeport. Du beffroi à la Lys, du marché du lundi au carnaval, les occasions ne manquent pas de se laisser surprendre, et d’inventer, le temps d’une balade, un territoire commun où chaque instant devient découverte. Et si, demain, on comprenait que ces frontières-là, tout en nuances et complicités, étaient aussi, à leur façon, des portes ouvertes… sur la curiosité ?

En savoir plus à ce sujet :