Les incontournables de la cuisine flamande autour de Lille
Dans la métropole européenne de Lille, la cuisine régionale se reconnaît à ses plats réconfortants, souvent mijotés, nourrissants et conçus pour être partagés...
Lire +On l'a longtemps évoqué, imaginé, parfois rêvé. Aujourd'hui, la végétalisation urbaine n'est plus un simple projet de plans sur la comète, mais un vœu concret qui pousse littéralement entre les pavés. Impossible, ces dernières années, de traverser Lille – ou même Roubaix, Villeneuve-d’Ascq, Tourcoing – sans remarquer cette petite révolution verte. Car la métropole européenne de Lille (MEL) s’est emparée de la question avec énergie : micro-forêts, nouveaux parcs, végétalisation de la voirie, cours d’écoles déminéralisées… Un changement certes progressif, mais bien perceptible au rythme des saisons.
Impossible de raconter le présent sans évoquer le passé. La métropole lilloise reste, historiquement, une terre de charbon, de cheminées, d'usines. Or, aujourd’hui, la priorité est ailleurs : des villes plus vertes, plus perméables, répondant au réchauffement climatique et à des besoins en bien-être renouvelés. Le fameux Plan Climat de la MEL, lancé dès 2018, fixe ainsi l’objectif d’ici 2030 de « déployer 1 arbre par habitant » (source : MEL). La ville de Lille vise quant à elle 30% d’espaces verts d’ici 2035, contre 22% aujourd’hui.
On connaît tous la promenade vers Euralille, entre les rails SNCF et la longue passerelle qui mène au centre commercial. Mais derrière, s’étend un espace vert qui ne cesse de grandir : le Parc Matisse. Récemment agrandi à 8 hectares (source : Ville de Lille), ce parc n’est plus un simple espace de passage. Pelouses plantées d’essences locales, cheminements bordés de saules, zones de fraîcheur, lieux pour pique-niquer, regarder passer les trains… Ressenti marquant : dès qu’on en franchit le seuil, l’air semble s’alourdir d’odeurs de terre humide, subtilement entremêlées à celles, plus brutes, de ficus plantés par collectivités voisines. Au centre : le triangle des « terrils urbains », où l’on aperçoit parfois ramiers ou hérissons.
Ce n’était autrefois qu’une friche près du métro Bourg. Aujourd’hui, le Jardin des Cultures, à Lomme, rayonne sur plus de 12 000m². On y trouve 200 arbres fruitiers, du houblon grimpant sur des pergolas, des buttes potagères en accès libre – souvent, on y croise des familles venues s’initier à la permaculture ou, en été, des apiculteurs amateurs venus partager leur passion. Un détail marquant : la friche industrielle n’a pas été rasée, mais partiellement intégrée, créant un contraste entre acier rouillé et verdures conquérantes, où la mésange et le rouge-gorge ont repris leurs quartiers.
Loin du tumulte urbain, entre champs et canaux, le parc de la Mosaïque s’est offert une renaissance ces cinq dernières années. Aujourd’hui, ses 33 hectares servent de laboratoire grandeur nature pour la MEL, qui y teste la plantation de micro-forêts et la réintroduction de variétés anciennes (source : Espaces naturels Métropole). À la belle saison, on y respire des effluves de menthe et de basilic, un zeste d’Asie offert par le célèbre « jardin des cinq continents ». Son ambiance : voyageuse, douce, ponctuée de cris d’enfants, de cabanes, et de jardiniers amateurs échangant conseils et boutures.
Depuis 2021, la Métropole multiplie les plantations selon la méthode du botaniste japonais Akira Miyawaki. L’idée : planter, sur de petites surfaces, jusqu'à 30 espèces/100m² pour imiter la richesse d’une forêt naturelle, accélérer la croissance, régénérer les sols, attirer insectes et oiseaux.
Ces micro-forêts, parfois enserrées entre deux voies de tram ou en lisière des grands axes, offrent un spectacle fascinant : en l’espace de deux printemps, on y observe déjà des aubépines et noisetiers qui tutoient le mètre cinquante, des papillons qu’on croyait disparus, et des familles venues inventer de nouveaux jeux d’explorateurs.
A Lille et alentours, la végétalisation passe aussi par une nouvelle tolérance laissée à la "nature spontanée" : ces herbes folles qui perçaient autrefois entre bitume et trottoirs sont désormais préservées sur plus de 80 km de voirie municipale (source : Ville de Lille).
Effet inattendu : la redécouverte de parfums oubliés. En longeant la Deûle, ce sont tantôt des effluves de sauge sauvage, tantôt des bouquets d’orties, de trèfles, qui rappellent que la biodiversité s'exhibe souvent là où on l’attend le moins. Les oiseaux des jardins, peu à peu, reprennent possession de ces axes laissés à la naturalité.
La végétalisation urbaine ne se décrète pas, elle se cultive aussi par et pour les habitants. Depuis 2020, la MEL accompagne près de 310 jardins partagés, répartis dans tous les quartiers (MEL).
On y partage graines, gestes, passion du jardinage, parfois un café pris sur une palette transformée en banquette. Ces lieux sont devenus, pour beaucoup, de véritables interstices de sociabilité, là où l’urbanité se fait plus douce.
À Lille, plus de 25 écoles pilotes, depuis 2021, ont opéré une transformation spectaculaire : la « déminéralisation » de leurs cours de récré. Fini l’uniformité du bitume : désormais, prunelliers, pommiers, zones d’herbes folles dessinant cabanes et chemins secrets ! Les enfants peuvent enfin expérimenter, toucher, respirer la nature… en plein cœur de la ville. Lille vise 100% d’écoles végétalisées à l’horizon 2030.
Ce qu’on observe à Lille et dans sa métropole – au détour d’un talus, d’une vieille friche, d’une artère autrefois minérale – c’est une vitalité nouvelle portée par la végétalisation urbaine. Ces espaces gagnent du terrain non seulement sur la carte, mais aussi dans l’imaginaire collectif, transformant le rapport des habitants à la ville. C’est une invitation à porter un autre regard sur nos quartiers, à participer, à flâner, à inventer de nouveaux usages. Et, qui sait, à saisir sur le vif les métamorphoses d’un territoire où la nature, jamais domptée, continue d’avancer à petits pas… et de surprendre, chaque saison, par ses promesses vertes.