LaM : Plongée dans l’unique musée d’art moderne de Villeneuve-d’Ascq

09/12/2025

Un musée au cœur d’un écrin de nature

À quelques coups de pédale ou de tram du centre de Lille, il existe un lieu où le béton laisse place à la lumière, où la ville s’efface derrière les frondaisons des arbres : le LaM (Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut). Ici, l’art ne se contente pas de tapisser des murs blancs, il dialogue avec le parc, les oiseaux et la lumière du Nord. Soudain, les harmonies de Fernand Léger croisent le souffle vif du vent, tandis que les couleurs d’Auguste Herbin se répondent avec les pierres moussues du parc.

Le LaM, inauguré en 1983 et agrandi en 2010 grâce à l’architecte Manuelle Gautrand, loge trois collections majeures sur plus de 4 000 m² d’exposition. Mais il se vit aussi dehors – avec un parc de sculptures qui épouse la nature, pour une déambulation où l’art s’invite à chaque détour.

Une collection permanente triple face : art moderne, contemporain, et art brut

La particularité du LaM ? Ce n’est pas un musée comme les autres : il rassemble en un même lieu trois univers rarement réunis. C’est ce fil que l’on suit, d’œuvre en œuvre, et qui rend chaque visite unique.

  • Art Moderne (1900-1950) : Les salles dédiées à l’avant-garde donnent à voir près de 7 000 œuvres. On y retrouve notamment :
    • Les géométries colorées de Piet Mondrian et Auguste Herbin – ce dernier, natif du nord, rend un vibrant hommage à sa région.
    • Le bestiaire fantasque de Fernand Léger (près de 400 œuvres conservées !), dont l’atmosphère industrielle résonne étrangement avec la mémoire ouvrière de la métropole.
    • L’imaginaire surréaliste de Joan Miró et Pablo Picasso – gravures, dessins et céramiques se découvrent ici à hauteur d’enfant.
  • Art Contemporain : La période s’étend des années 1950 à nos jours.
    • Installations, photographies, vidéos et sculptures dialoguent avec l’architecture moderniste.
    • Les visiteurs croisent, selon les expositions, les expériences plastiques de Pierre Soulages ou de Daniel Buren et les questionnements de Annette Messager.
  • Art Brut : C’est ici que le LaM frappe fort : la collection d’art brut (oeuvres d’artistes autodidactes, parfois en marge), rassemblée dès 1999 grâce à la donation de L’Aracine, compte plus de 5 000 œuvres, faisant du LaM une référence européenne sur ce champ singulier. Parmi les incontournables :
    • Aloïse Corbaz, Henry Darger, Augustin Lesage
    • Des œuvres faites de matériaux simples, de gestes obsessionnels, dévoilant une immense expressivité hors des circuits « officiels » de l’art.

D’après les chiffres officiels du musée (source : lam.fr), ce patrimoine propose :

  • plus de 9 000 œuvres rassemblées,
  • près de 800 œuvres exposées simultanément,
  • et depuis 2010, une fréquentation qui frôle les 140 000 visiteurs par an.

Un parc de sculptures à ciel ouvert

Le LaM ne se résume pas à ses salles. Impossible de manquer, dès l’arrivée par le chemin bordé d’herbe haute, le parc de 4 hectares ponctué de sculptures monumentales. Le géant « L’Homme qui marche » de Giacometti veille sur les collines douces, non loin d’un « Dialogue avec la nature » de Jacques Lipchitz. Au centre du parc, la grande tête fantomatique d’Aristide Maillol ou le totem d’Eugène Dodeigne offrent une pause contemplative, celle d’un musée qui respire au rythme du vent et des nuages.

  • En tout, plus de 60 sculptures contemporaines et modernes habitent le parc, reflets d’une effervescence artistique sans murs.
  • Des bancs invitent à la rêverie, face aux œuvres ou dos au tumulte de la ville. L’ambiance change à chaque saison, entre bourrasques et rayons de soleil, faisant du LaM un lieu où revenir souvent.

Anecdote glanée lors d’une balade printanière : la promesse d’un arbre en fleurs côtoyant une sculpture de Pablo Picasso, c’est une expérience sensorielle étonnante. Le musée propose ponctuellement des visites guidées « en plein air », où histoire de l’art et senteurs d’herbe fraîche se mêlent.

Des expositions temporaires qui secouent

Chaque année, le LaM propose 2 à 3 grandes expositions temporaires, très attendues des habitués comme des visiteurs d'un jour. En 2023 par exemple, c’est l’art brutalement coloré de Thomas Houseago et, en ce moment, des explorations autour de Pierre Soulages (référence : site officiel du LaM). Le musée interroge sans cesse notre rapport au monde, avec des choix audacieux :

  • Des rétrospectives d’artistes oubliés ou redécouverts,
  • Des collaborations avec des institutions internationales (le MoMA, la Fondation Dubuffet…),
  • Des thématiques qui parlent de notre présent (la représentation du corps, le paysage urbain, l’écologie…),
  • Des dispositifs immersifs, parfois sonores – on se surprend parfois à chuchoter pour ne pas troubler l’ambiance.

Le renouvellement du parcours et les scénographies soignées permettent de redécouvrir le musée plusieurs fois par an. Petite astuce de passionné·e : privilégier les matinées du week-end, où l’affluence est moindre, pour flâner au calme.

Une vie culturelle foisonnante : ateliers, médiation, bibliothèque

Autour des expositions, le LaM cultive une programmation vivante, à destination de tous les publics.

  • Ateliers pour enfants et familles : À chaque vacances scolaires, des ateliers créatifs (plastique, sculpture, peinture) permettent aux plus jeunes de s’initier à l’art. Les mercredis après-midi sont dédiés à des « ateliers en duo » parent-enfant.
  • Visites guidées et rendez-vous de médiation : Des visites classiques (art moderne, art brut…) sont couplées à des rencontres avec artistes, conservateurs, ou encore à des débats, soirées thématiques (ex : littérature et art) – voir l’agenda en ligne.
  • Séances de cinéma et conférences : La salle polyvalente du musée accueille projections et colloques, en lien avec l’actualité artistique.
  • Une bibliothèque d’art : Accessible sur rendez-vous, elle propose plus de 30 000 ouvrages, revues et catalogues d’expositions (source : bibliothèque LaM).

Une initiative remarquable : le LaM propose des « parcours sensoriels » pour les personnes en situation de handicap visuel ou moteur, et des ateliers multilingues destinés aux publics scolaires étrangers.

Pour les familles, un espace de « micro-folie » permet de découvrir le musée autrement, via des supports numériques et ludiques, idéal pour l’éveil dès 4 ans.

Services pratiques, horaires, accès et bons plans

Impossible de parler du LaM sans signaler les facilités de visite – ici, tout est pensé pour une virée confortable, en solo, entre amis ou en famille.

  • Adresse : 1 allée du Musée, 59650 Villeneuve-d’Ascq, France
  • Horaires :
    • Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h (fermeture des portes à 17h15).
    • Fermé les lundis, 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.
  • Accès transports :
    • Métro : Ligne 2, arrêt Pont de Bois + bus 6 (direction Villeneuve d’Ascq Hôtel de Ville, arrêt LaM).
    • Tram : arrêt « LaM » sur la ligne Lille-Villeneuve-d’Ascq.
    • V’Lille : station Vélopole à 400 mètres.
    • Stationnement vélo sécurisé et vaste parking gratuit pour voitures.
  • Tarifs individuels 2024 (source : tarifs officiels LaM) :
    • Plein tarif : 11 €.
    • Tarif réduit : 8 € (étudiants, + 65 ans, demandeurs d’emploi…).
    • Gratuit pour les moins de 12 ans, bénéficiaires du RSA, enseignants sur présentation de carte, etc.
    • Premier dimanche du mois : gratuit pour tous.
  • Services annexes :
    • Restaurant panoramique « Le Môme », terrasse et salon de thé (menus locaux, options végétariennes).
    • Boutique-librairie foisonnante dédiée à l’art, ouvert même sans billet pour le musée.
    • Espaces pique-nique ombragés dans le parc autour du musée (un vrai plus aux beaux jours !).

Astuce d’habitué : de nombreuses œuvres du parc sont accessibles en visite libre, sans obligation de billet.

Pourquoi (re)découvrir le LaM aujourd’hui ?

S’il fallait une bonne raison d’y retourner (ou d’y aller pour la première fois), ce pourrait être la richesse d’un musée à la fois exigeant, accessible, et sans cesse renouvelé. À chaque visite, le LaM offre une nouvelle perspective sur l’art du XXe et XXIe siècle, mêlant chefs-d’œuvre et trouvailles inclassables. Il invite à la flânerie autant qu’à la réflexion, au plaisir de la découverte comme à celui du partage.

En s’ouvrant sur la ville et au-delà, en réinventant ses parcours – à travers expositions thématiques ou ateliers pour tous – il s’impose comme l’un des incontournables de la Métropole Européenne de Lille, et un merveilleux point de départ pour explorer les liens entre art, nature et société.

Après la visite, rien n’empêche de poursuivre la balade : à quelques kilomètres, le parc du Héron, les terrils de la Pévèle, ou encore la foisonnante scène culturelle de Lille attendent. Si l’art a ce pouvoir de réunir, alors le LaM en est l’une des plus belles preuves du côté de chez nous.

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